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Fiche de culture du Groseillier à grappes

 

LE GROSEILLIER A GRAPPES (Ribes spe.) famille des Grossulariacées

Synonymes: Gadelier, Castillier ...

 

 

La plupart des variétés de Groseillier à grappes, sélectionnées au siècle dernier, sont issues de Ribes vulgare L., espèce endémique que l’on rencontre encore à l’état naturel dans les haies du bocage angevin.

Les vieilles variétés particulièrement bien adaptées aux conditions pédoclimatiques de nos régions sont aujourd’hui professionnellement abandonnées du fait de fruits fragiles, serrés contre le bois et difficiles à cueillir.

Durant 50 ans, la sélection du groseillier abandonnée en France s’est poursuivie en Allemagne, au Pays-Bas et au Etats Unis à partir d’espèces différentes plus rustiques vis à vis de certains parasites et surtout plus faciles à cueillir, avec des grappes plus longues, des fruits plus gros et plus fermes.

Il s’agit de Ribes rubrum, R. petraeum, R. multiflorum etc. qui ont donné naissance à des variétés performantes malheureusement quelquefois totalement inadaptées à nos conditions culturales : quelques unes en effet manifestent des besoins en froid hivernal très élevés jamais satisfaits en climat tempéré.

De ce fait, JUNIFER variété nouvelle sélectionnée récemment par l’INRA d’Angers, trouve une place de choix dans l’éventail proposé grâce à des besoins en froid faibles, associés à de remarquables qualités de fruit.

 

            LE SOL :

Le Groseillier, comme le Cassis, s’accommode de nombreux types de terrains à l’exception des sols calcaires.

Les meilleurs rendements sont obtenus dans des sols légers ou silico-argileux profonds, frais et bien pourvus en matière organique.

Le pH idéal se situe entre 5,5 et 7,0. Les exigences nutritionnelles de la plante concernent surtout lapotasse: un apport de 2 à 300 unités/ha sous forme d’engrais binaire ou de patenkali est recommandé avant plantation.

Les travaux préparatoires doivent aboutir à un sol souple, ameubli en profondeur. En situation humide, on dressera des billons élevés ou des planches bien marquées pour mettre le maximum des racines hors d’eau.

 

       PLANTATION: : 

Elle s’effectue en lignes espacées de 2,50 à 3,00 mètres, sur sol propre, avec ou sans paillage plastique, à partir de plants à racines nues, ou en conteneur ; de novembre à mars, durant tout le repos végétatif de la plante. Il est important de planter de jeunes plants d’1 ou 2 ans maximum.

La distance sur le rang est variable, en fonction de la vigueur et du mode de conduite: 0.50 - 0.80 ou 1.00 mètre sont des écartements couramment pratiqués.

Les plants racinés sont habillés sévèrement au niveau des racines et plantés profondément, au-delà du collet, de façon à favoriser ultérieurement le développement de bourgeons et de rameaux de renouvellement sous la surface du sol.

Les plants en conteneurs doivent être bien humidifiés avant plantation. On prendra soin de couper les racines qui forment un « chignon » au fond du pot et on plantera également profondément pour favoriser les renouvellements.

Après un an, il est indispensable pour une plantation buissonnante d’écarter le plastique à la base de la jeune plante pour permettre la sortie des bois de renouvellement

 

       CONDUITE DU PLANT :

Différentes formes de conduite sont possibles, dont la liste présentée ici est loin d’être exhaustive.

Nous proposons le buisson traditionnel et deux formes de haie palissée.

On peut encore monter le groseillier sur tige de 0,40 ou 0,50 m comme on le pratique pour le Cassis; toutefois cette méthode ne donne de bons résultats qu’avec des variétés trapues dont le bois est solide. Beaucoup de variétés ont un bois trop cassant pour bien supporter cette forme.

 

·         LE BUISSON TRADITIONNEL:

du fait de sa basitonie, le groseillier se développe naturellement en buisson plus ou moins érigé, plus ou moins ramifié selon les variétés.

La fructification s’établit sur le bois de deux ans et plus souvent sur brindilles ou rameaux courts. Les plus belles grappes sont portées par le bois de deux ans que l’on cherchera à favoriser par la taille.

Cette dernière comprendra donc une part d’élagage consistant à supprimer au niveau du sol le bois âgé pour favoriser un renouvellement permanent.

Cette opération sera complétée par une taille d’éclairement consistant à éliminer les pousses nouvelles en surnombre, à dégager le centre du buisson pour donner une bonne aération et une luminosité suffisante à tous les rameaux producteurs.

 

·         LA HAIE PALISSEE (2 formes)

1.      La haie à charpente verticale permanente.

Dans un contexte de grande vigueur due à la variété et aux conditions de sol, on peut envisager de former les premières années une charpente de 4 à 5 branches atteignant progressivement 1,50m de haut sur laquelle, chaque année seront renouvelées les branches fruitières, par la taille en crochets.

             2.      La palmette palissée à renouvellement annuel.

- Le palissage dans un plan vertical se compose de deux ou trois fils superposés jusqu’à 1,50m. Les plants espacés de 0,80m sur le rang sont rabattus au ras du sol en fin de première année.

- Au terme de la seconde année, 5 à 6 rameaux vigoureux sont conservés sur la souche et attachés sur les fils en place.

- Au cours de la troisième année; ces rameaux donneront une production de grande qualité avec des grappes longues très accessibles et faciles à cueillir.

- Dans le même temps se développeront des rameaux nouveaux dont on conservera le même nombre en remplacement.

- Par la suite la haie sera constituée d’un nombre équivalent de rameaux de 1 et 2 ans constamment renouvelés.

Cette méthode donne de bons résultats avec toutes les variétés particulièrement les variétés très productives à bois souple de type JUNIFER

      

     LA POLLINISATION :

Les variétés de Groseillier sont autos fertiles et ne posent donc pas de problèmes de pollinisation.

On peut cependant observer certaines formes de coulures dues le plus souvent  au gel sur une partie de la grappe ou à des carences trophiques lorsque la floraison se prolonge anormalement et que la concurrence des fruits déjà noués s’accentue.

 

       LA FUMURE :

A la plantation, il sera bon d’enfouir 3 à 5 kg de fumier / m2

Le groseillier est une plante sensible à l’excès de calcaire et aux carences en potasse et magnésie. La fumure de fond doit, dans un premier temps, corriger les carences mises en évidence par l’analyse de sol.

Par la suite, les fumures d’entretien seront de l’ordre de 50 N, 80 P, 160 K/ha.

Elles peuvent s’effectuer par apport de compost à l’automne à raison de 1 à 3 kg/ m2

En cas de sol très léger souvent mal pourvu, en Bore et Manganèse des pulvérisations de jus d’algues ou de différents purins (ortie, luzerne etc.) en cours d’année, combleront ces carences.

 

       LE DESHERBAGE :

Le Groseillier semble plus sensible aux désherbants que le Cassis, il conviendra donc d’être prudent dans le choix des produits et des doses.

 

       LE PAILLAGE :

Cette technique très développée depuis 10 ans doit être retenue ou écartée en fonction des avantages ou inconvénients propres à chaque situation...

Avantages:     

                        - Facilite le désherbage

     - Maintient une certaine fraîcheur au niveau des racines et facilite la reprise des boutures plantées directement en verger.

     - Permet un développement plus rapide au printemps du fait d’un réchauffement accéléré du sol

     - Favorise la préparation des sols difficiles en automne en maintenant ensuite une texture meuble durant toute la période de plantation hivernale.

     - Limite considérablement les risques de drageonnement des cultures sur tige.

Inconvénients:

                        - Accroît les coûts de plantation.

     - Limite, à moins d’intervention spéciale, le renouvellement des plantations traditionnelles en buisson.

     - Abrite et favorise la pullulation de parasites du sol (vers, rongeurs, champignons des racines ou du collet).

                  

          Paillage synthétique :

            Plastique

            Inconvénients :

                                   - Laisse des déchets de plastique persistant plusieurs décennies dans le sol             

Il semble que les avantages soient prédominants en cas de plantation sur tige, où l’on cherche à maintenir cette couverture le plus longtemps possible en installant du plastique de 80µ. Par contre en plantation traditionnelle, mieux vaut peut être mettre un plastique léger de 30µ éventuellement photodégradable qui favorisera la reprise sans entraver ultérieurement le développement de la plante.

          

           Toile tissée

            Avantages :

                                   - Améliore la respiration du sol

                                   - Améliore la pénétration des eaux pluviales

                                   - Plus grande durabilité avec moins de déchets dans le sol. Peut se retirer entièrement.                           

            Inconvénients :

                                   - Beaucoup plus onéreuse

                                   - Moins d’effets de réchauffement au printemps

 

        Paillages naturels

            Paille - Compost de ligneux en fractions grossières - Ecorces de feuillus (à préférer aux résineux)

            Avantages :

                                   - Apporte de la matière organique

                                   - Augmente la rétention en eau

                                   - Améliore la texture du sol

            Inconvénients ;

                                   - Durée de vie de 2 à 3 ans d’où obligation de renouvellement.

                                   - Pas d’effet sur les mauvaises herbes type liseron

                                   - Difficultés de réapprovisionnement et produits souvent onéreux

 

A noter qu’il est plus facile de maintenir un sol propre que d’intervenir sur une plantation envahie par l’herbe...

 

       LA PROTECTION PHYTOSANITAIRE :

Le Groseillier est une plante relativement peu soumise aux pressions parasitaires.

En conditions normales, 2 à 3 traitements de printemps destinés à prévenir les attaques de pucerons, de chenilles et éventuellement d’oïdium sur quelques variétés, suffisent à maintenir un bon état sanitaire.

On pourra retenir le programme d’intervention suivant, à adapter en fonction des observations possibles et des conditions climatiques:

Attaques parasitaires

·         Pucerons verts ou jaunes (les piqûres des pucerons jaunes produisent sur le dessus des feuilles des boursouflures rouges caractéristiques). Utiliser un insecticide de contact type Roténone ou Pyréthrine.

·         Chenilles défoliatrices, Tenthrèdes du Groseillier : Pyréthrine ou Roténone

   ·          Acariens, araignées jaunes surtout par temps sec et chaud : Il est prudent s’il   existe quelques risques d’attaques de réaliser des traitements répulsifs à base de soufre luttant également contre l’oïdium

      ·         Sésie, moins fréquente que sur Cassis la sésie fait souvent des galeries moins longues dans la moelle du bois, mais en cas de forte pullulation du parasite on rencontre plusieurs larves par rameaux, à différents niveaux : Insecticide de contact pendant la période des vols du papillon entre fin avril et juin. Elimination des larves à la taille

Maladies

      ·         Oïdium, la maladie se manifeste par des taches blanchâtres sur feuilles et en extrémité des pousses annuelles : Traitement préventif à base de purin d’ortie à 5% tous les 15 jours du 15 mai à fin juin

     ·         Anthracnose, brunissement et chute des feuilles en mai ou juin.

     ·         Rouille, taches orangées à la surface inférieure des feuilles.

       Ces deux maladies sont contrôlées par le Cuivrol s’il est appliqué dès les premiers symptômes

 

On peut encore observer certaines formes de dépérissement (phomopsis ribicola) ou de dégénérescence (virus) en face desquelles seul l’arrachage des buissons atteints est efficace si l’on veut en limiter l’extension.

 

       LA RECOLTE: Elle se fait  manuellement à raison de 10 à 15 Kg/heure, sur une période courte (une semaine maximum) du fait de la maturité groupée des fruits.

 

Le rendement est de l’ordre de 2 à 3 kg de fruits par pied suivant l’âge de la plantation et son état. Certaines variétés peuvent produire jusqu’à 5 kg.

 

CARACTERISTIQUES DU FRUIT:

 

poids moyen de 100 fruits:

0,30 à 0,80 g

acidité total du jus (g.H2SO4/l)

12 à 33 g/l

sucres totaux (g.glucose/l)

71 à 113 g/l

indice réfractomètrique à 20°C

10 à 14

vitamine C (mg/100g de fruits)

40 à 50

teneur moyenne en minéraux (mg/100g)

 

AZOTE TOTAL

183

PHOSPHORE

29

POTASSIUM

250

SODIUM

1,9

CALCIUM

29

MAGNESIUM

12,8

FER

1,02

CUIVRE

0,13

SOUFRE

26

CHLORE

14,6

 

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